Compter, comparer, rapporter à une population, observer une évolution. Trois pièges permanents : la corrélation prise pour une cause, la moyenne trompeuse, l’effectif trop faible.
En un mot. Faire dire quelque chose aux chiffres, sans leur faire dire n’importe quoi.
Définition
L’analyse journalistique de données procède par comptage, comparaison, mise en rapport (taux, ratios), analyse d’évolution et détection d’écarts. Elle exige de contrôler les effets de structure, de distinguer corrélation et causalité, de choisir des indicateurs adaptés à la distribution et de vérifier la significativité des écarts.
Pourquoi c’est important
Le chiffre a l’autorité de l’objectivité. Une analyse mal conduite produit donc une erreur particulièrement difficile à contester pour le lecteur.
Méthode, étape par étape
Toujours rapporter à une population : nombre pour 1 000 habitants, par élève, par établissement.
Comparer à quelque chose : une autre période, un autre territoire, une moyenne.
Vérifier la distribution avant d’utiliser une moyenne : préférer la médiane si elle est asymétrique.
Contrôler l’effectif : un écart sur trente cas n’est pas un écart.
Chercher les explications alternatives avant de conclure.
Faire vérifier l’analyse par une personne compétente extérieure.
Un cas concret
« La commune A a deux fois plus d’écoles fermées que la commune B » n’informe pas si A compte quatre fois plus d’écoles. Rapporté au nombre d’établissements, A est en meilleure situation que B : conclusion inverse.
Les erreurs à éviter
Conclure à une causalité à partir d’une corrélation.
Employer une moyenne sur une distribution très inégale.
Comparer des périmètres différents.
Tirer une tendance de deux points de mesure.
Les bons réflexes
Toujours un dénominateur.
Faire relire l’analyse par un statisticien ou un chercheur.
Publier la méthode et le jeu de données.
Cette carte comporte 1 question de contrôle, dans la version interactive.