Partager un corpus entre médias de plusieurs pays pour traiter ce qu’aucun ne pourrait seul. Exige un protocole strict : accès, calendrier, sécurité, crédits.
En un mot. Plusieurs rédactions travaillent ensemble sur les mêmes documents et publient le même jour.
L’investigation collaborative organise le partage d’un corpus documentaire entre rédactions partenaires, sous un protocole commun : conditions d’accès et de sécurité, répartition des vérifications, calendrier de publication coordonné, règles de crédit et politique de contradictoire.
Certains corpus dépassent les capacités d’une rédaction : trop volumineux, trop internationaux, trop techniques. La coopération permet aussi de protéger les participants : une publication simultanée dans plusieurs pays rend les représailles plus difficiles.
La coopération repose sur deux règles qui paraissent contraignantes et qui sont la condition même du dispositif. La confidentialité absolue jusqu’à la date convenue : une seule publication anticipée détruit la protection collective et grille les sources de tous. Et le partage intégral des trouvailles : chacun verse ce qu’il découvre au pot commun, y compris ce qui sert le sujet d’un autre. Le reste s’organise — une date fixée tôt et tenue, un espace de travail sécurisé, une personne chargée de la coordination, qui organise sans arbitrer les contenus. Le moment critique est la demande de réaction : dès qu’une rédaction contacte la personne mise en cause, celle-ci sait et peut agir. Si vingt rédactions appellent à vingt dates différentes, la cible dispose de plusieurs semaines pour se préparer et pour faire pression. D’où la règle : les demandes partent dans une fenêtre courte et concertée, proche de la publication. Chaque rédaction garde enfin la responsabilité éditoriale de ce qu’elle publie, et peut renoncer sans faire tomber l’ensemble.
Un protocole classique fixe une date et une heure de publication communes, interdit tout contact avec les personnes mises en cause avant une date convenue, et prévoit que chaque rédaction reste responsable de ses propres choix éditoriaux.
Cette carte comporte 1 question de contrôle, dans la version interactive.