En un mot. Comment parler d’une fausse information sans la faire connaître davantage.
Définition
Le traitement de la désinformation obéit à deux contraintes opposées : informer le public d’une manipulation, et ne pas lui offrir une audience qu’elle n’avait pas. La résolution passe par un seuil de traitement explicite et par une construction du texte qui met le vrai en position dominante.
Pourquoi c’est important
Une vérification mal construite renforce le souvenir de l’affirmation fausse plutôt que celui de la correction. Le lecteur retient l’énoncé répété, pas la négation qui l’accompagne.
Comment ça marche
La technique du sandwich de vérité consiste à commencer par le fait établi, à mentionner ensuite l’affirmation fausse une seule fois et sans la répéter, puis à revenir au fait établi. L’ordre compte plus que le contenu : ce qui est en première et en dernière position est ce qui reste.
Méthode, étape par étape
Fixer un seuil de traitement écrit : diffusion mesurée, conséquence concrète, ou acteur significatif.
Mesurer avant de décider : combien de partages, sur quelles plateformes, depuis quand.
Commencer l’article par le fait établi, jamais par l’affirmation fausse.
Ne mentionner l’affirmation fausse qu’une fois, sans la répéter en titre ni en relance.
Refermer sur le fait établi.
Ne jamais reprendre l’image ou la vidéo fausse en illustration ; décrire, ou flouter et signaler.
Expliquer comment la vérification a été conduite : la méthode est plus durable que le résultat.
Publier au format le plus consulté par le public concerné, pas seulement sur le site.
Un cas concret
Titre à éviter : « Non, le maire n’a pas déclaré que… ». Le lecteur pressé retient l’affirmation. Titre préférable : « Ce que le maire a réellement dit sur… ». L’information vraie est en position dominante, et l’article démonte ensuite la version fausse.
Les erreurs à éviter
Mettre l’affirmation fausse dans le titre, même précédée d’une négation.
Illustrer avec le visuel que l’on dénonce.
Traiter tout ce qui circule, sans seuil.
Publier la vérification là où le public concerné ne se trouve pas.
Les bons réflexes
Le vrai en première et en dernière position.
L’affirmation fausse mentionnée une seule fois, jamais en titre.
Un seuil de traitement écrit, appliqué uniformément.