Trois temps : l’alerte qui sauve, l’information de survie, puis l’enquête sur ce qui a transformé un aléa en catastrophe.
En un mot. Informer avant, pendant et après une inondation, une tempête ou une vague de chaleur, de façon utile à ceux qui la traversent.
Couverture d’un phénomène météorologique intense articulant trois temps distincts — anticipation, information de service en situation, enquête sur les facteurs de vulnérabilité — et distinguant strictement l’aléa naturel du désastre, qui est toujours en partie construit.
Pendant l’événement, le média devient un service. La question du lecteur n’est plus « que s’est-il passé » mais « quelle route est coupée, où est l’eau potable, où puis-je dormir ce soir ». Une rédaction qui produit des images spectaculaires sans ces réponses passe à côté de sa fonction au moment où elle est la plus utile.
L’après est le temps journalistique décisif, et le plus souvent sacrifié. Une pluie intense est un aléa ; ce qui en fait une catastrophe relève de décisions : constructions en zone inondable, caniveaux non curés, ouvrage mal dimensionné, alerte non relayée. L’enquête porte là. Sur le lien avec le changement climatique, une règle de prudence s’impose : la science de l’attribution n’établit pas qu’un événement donné a été causé par le réchauffement, elle estime dans quelle mesure celui-ci en a modifié la probabilité ou l’intensité. La formulation exacte dit « rendu plus probable », jamais « causé par ».
À Conakry, la saison des pluies produit chaque année des inondations de quartiers et des éboulements. La couverture s’arrête d’ordinaire aux images des maisons envahies. Les questions qui changent quelque chose viennent ensuite : qui a délivré les permis dans ces zones, quel budget d’assainissement a été voté et dépensé, quels caniveaux ont été curés et par qui. Ce sont des sujets d’archives et de documents, pas de terrain sous la pluie.
Cette carte comporte 1 question de contrôle, dans la version interactive.