Trois lectures pour trois choses différentes : les faits, la structure, la langue. Et une règle absolue : on n’édite pas en réécrivant à la place de l’auteur.
En un mot. Relire et améliorer le texte d’un autre journaliste avant publication.
Définition
L’édition consiste à vérifier l’établissement des faits, à contrôler la structure et la hiérarchie de l’information, puis à corriger la langue. Ces trois opérations se conduisent séparément : les mélanger fait manquer les problèmes de fond au profit des problèmes de forme.
Pourquoi c’est important
L’édition est ce qui distingue une rédaction d’un ensemble de personnes qui publient. C’est aussi la première tâche sacrifiée quand le temps manque, et celle dont l’absence se voit le plus vite.
Comment ça marche
L’erreur classique est la lecture unique : on corrige une virgule à la deuxième ligne, et l’on ne voit plus que le troisième paragraphe repose sur une seule source. Trois lectures rapides valent mieux qu’une lecture attentive.
Méthode, étape par étape
Première lecture, les faits : chaque affirmation est-elle établie, et par quoi ?
Repérer les affirmations sans source, les chiffres sans origine, les citations non datées.
Vérifier que la personne mise en cause a été confrontée, et que sa réponse figure.
Deuxième lecture, la structure : l’information la plus importante est-elle en tête ?
Vérifier que le titre correspond au contenu, et non à ce qu’on aurait aimé écrire.
Troisième lecture, la langue : phrases longues, jargon, passifs, adjectifs d’appréciation.
Proposer plutôt qu’imposer : signaler le problème, laisser l’auteur trouver la solution.
Rendre le texte avec les motifs des corrections, pas seulement les corrections.
Un cas concret
La question qui règle la plupart des cas : « comment sais-tu cela ? ». Posée sur chaque affirmation d’un texte, elle révèle en dix minutes ce qui est établi, ce qui est déduit et ce qui a été supposé sans que l’auteur s’en aperçoive.
Les erreurs à éviter
Réécrire à la place de l’auteur : il n’apprend rien et se désengage.
Corriger la langue avant d’avoir vérifié les faits.
Rendre un texte annoté sans expliquer les motifs.
Laisser passer un titre plus fort que ce que le texte établit.
Les bons réflexes
Trois lectures séparées : faits, structure, langue.
« Comment sais-tu cela ? » sur chaque affirmation.
Signaler le problème, laisser l’auteur trouver la solution.