Corrections globales de lumière et de contraste : admises. Suppression, ajout ou déplacement d’éléments : jamais. La frontière est simple et non négociable.
En un mot. Ce qu’on a le droit de modifier sur une photo de presse, et ce qui est interdit.
Définition
La norme professionnelle admet les réglages globaux qui reproduisent ce que permettait le tirage argentique (luminosité, contraste, balance des couleurs, recadrage léger) et proscrit toute modification du contenu : suppression, ajout, déplacement ou duplication d’éléments, montage, et recadrage altérant le sens de la scène.
Pourquoi c’est important
La valeur documentaire de la photographie de presse repose entièrement sur la certitude que ce qui est visible était présent. Une seule image manipulée détruit la crédibilité de tout un fonds.
Méthode, étape par étape
Conserver systématiquement le fichier original.
N’appliquer que des réglages globaux.
Ne jamais supprimer ni ajouter un élément.
Ne pas recadrer au point de changer le sens de la scène.
Signaler tout traitement inhabituel dans la légende.
Refuser toute demande de retouche de contenu, quelle qu’en soit la raison.
Un cas concret
Éclaircir une photo sous-exposée : admis. Effacer une bouteille au sol pour « faire plus propre » : interdit, et rédhibitoire, plusieurs photographes ont perdu leur carrière pour moins que cela.
Les erreurs à éviter
Supprimer un élément jugé parasite.
Renforcer le ciel ou saturer pour dramatiser.
Fusionner deux prises de vue.
Recadrer pour exclure un élément qui contredit l’article.
Les bons réflexes
Original conservé, toujours.
En cas de doute, ne pas retoucher.
Une charte écrite de la retouche dans chaque rédaction.
Cette carte comporte 1 question de contrôle, dans la version interactive.