Vérifier la connexion, annoncer ce qu’on sait et ce qu’on ignore, ne jamais commenter une image qu’on ne voit pas. Le direct pardonne la technique, pas l’imprécision.
En un mot. Transmettre en direct depuis le lieu d’un événement, avec un téléphone.
Définition
Le direct mobile combine une contrainte technique, la stabilité de la connexion, et une contrainte éditoriale, l’obligation de distinguer en permanence ce qui est constaté de ce qui est rapporté, sans le filet de la vérification différée.
Pourquoi c’est important
Le direct est le format où les erreurs deviennent définitives : elles sont diffusées avant d’être relues. La discipline verbale y remplace la procédure de vérification.
Comment ça marche
La formule de sécurité tient en trois temps, à répéter aussi souvent que nécessaire : ce que je vois, ce qu’on me dit, ce que je ne sais pas encore. Un public informé de l’incertitude accepte l’incertitude ; un public à qui l’on affirme trop cesse de croire.
Méthode, étape par étape
Tester la connexion à l’endroit exact du direct, pas à cinquante mètres.
Prévoir un repli : audio seul, ou téléphone en appel, si la vidéo ne passe pas.
Se placer dos à un fond qui situe le lieu, pas dos au vide.
Vérifier le son en premier : un direct sans image tient, un direct sans son ne tient pas.
Annoncer d’emblée où l’on est, quand, et ce qui est en cours.
Distinguer explicitement : je vois, on me dit, je ne sais pas.
Ne jamais commenter des images diffusées que l’on ne voit pas soi-même.
Ne jamais donner un bilan humain avant confirmation d’une source officielle nommée.
Un cas concret
La faute classique du direct est le commentaire d’une image envoyée par la régie et que le journaliste sur place ne voit pas. Il décrit alors ce qu’il imagine. La seule réponse professionnelle est de le dire : « je ne vois pas ces images, je ne peux pas les commenter ».
Les erreurs à éviter
Commenter des images que l’on ne voit pas.
Donner un bilan non confirmé.
Tester la connexion ailleurs qu’à l’endroit exact du direct.
Combler un silence par une supposition.
Les bons réflexes
Je vois, on me dit, je ne sais pas : les trois registres, distingués à voix haute.