Payé par le journal pour lui donner tort en public. Une fonction qui ne vaut que par son indépendance, et qui disparaît dès qu’elle devient un service de relations publiques.
En un mot. Celui qui examine les critiques du public et y répond publiquement.
Définition
Le médiateur reçoit les contestations des lecteurs ou des auditeurs, instruit celles qui le méritent, et publie ses conclusions, y compris quand elles donnent tort à la rédaction. La fonction existe dans un petit nombre de médias et disparaît régulièrement pour des raisons budgétaires.
Pourquoi c’est important
Un média qui ne peut jamais avoir tort publiquement finit par n’être plus cru sur rien. Le médiateur transforme la contestation en procédure visible, ce qui vaut mieux qu’une polémique où le média n’a que le choix de se taire ou de se défendre.
Comment ça marche
La condition de la fonction est structurelle, pas personnelle : le médiateur doit publier sans validation préalable de la rédaction en chef. Sans cette garantie écrite, la fonction existe sur l’organigramme et produit des textes qui expliquent pourquoi le journal avait raison.
Méthode, étape par étape
Obtenir par écrit l’absence de validation préalable des textes publiés.
Accuser réception de toute saisine, y compris celles qu’on n’instruira pas.
Instruire en interrogeant le journaliste concerné, pas seulement le plaignant.
Distinguer l’erreur de fait, le désaccord d’angle et le désaccord d’opinion.
Conclure explicitement : le média avait tort, ou il avait raison, et pourquoi.
Publier au même endroit que ce qui est contesté, pas dans un recoin.
Vérifier que la correction annoncée a bien été faite.
Publier périodiquement ce qui revient le plus, qui dit ce qui ne va pas.
Un cas concret
Ce qui revient le plus souvent n’est pas l’erreur factuelle mais le sentiment d’un traitement déséquilibré. Le publier, avec les chiffres de ce qui a été couvert et de ce qui ne l’a pas été, est plus utile que dix réponses individuelles.
Les erreurs à éviter
Exercer sans garantie écrite d’indépendance de publication.
Instruire à partir du seul plaignant.
Conclure sans trancher, pour ménager tout le monde.
Publier les conclusions dans un espace que personne ne lit.
Les bons réflexes
Publier sans validation préalable, ou ne pas exercer.
Trancher explicitement, dans un sens ou dans l’autre.