Incarner l’information sans se substituer à elle. Le métier où l’on est jugé sur une compétence, la présence, qui n’a rien à voir avec le journalisme et le conditionne entièrement.
En un mot. Celui qui conduit un journal ou une émission à l’antenne.
Définition
Le présentateur conduit le déroulé, lance les sujets, mène les entretiens en direct et gère l’imprévu. Dans les rédactions solides, il participe à la conférence et écrit ses lancements ; ailleurs, il lit ce que d’autres ont écrit, ce qui change la nature du métier.
Pourquoi c’est important
Le public identifie le média à un visage ou à une voix. Cette incarnation donne au présentateur une influence qui dépasse largement sa position dans la rédaction, et une responsabilité que sa fiche de poste ne décrit pas.
Comment ça marche
La compétence décisive n’est pas la diction mais l’écoute en direct. Un présentateur qui déroule ses questions préparées pendant qu’un interlocuteur vient de dire quelque chose d’important rate le seul moment qui comptait. Relancer suppose d’avoir entendu, donc de ne pas être occupé à préparer la question suivante.
Méthode, étape par étape
Participer à la conférence pour comprendre les sujets, pas seulement les lire.
Écrire ses propres lancements chaque fois que c’est possible.
Préparer plus de questions qu’il n’en faut, pour pouvoir en abandonner.
Écouter la réponse au lieu de préparer la suivante.
Relancer sur ce qui vient d’être dit, pas sur la liste.
Signaler à l’antenne ce qui n’est pas vérifié, sans attendre la fin.
Corriger en direct, immédiatement, plutôt que d’espérer que personne n’a noté.
Tenir la distinction entre conduire un débat et y participer.
Un cas concret
Un invité laisse échapper une information qui n’était pas au programme. Le présentateur qui enchaîne sur sa question suivante a perdu le sujet ; celui qui s’arrête et fait préciser vient de produire l’information de la journée.
Les erreurs à éviter
Dérouler ses questions sans écouter les réponses.
Lire des lancements qu’on n’a pas compris.
Laisser passer une affirmation fausse par crainte de couper.
Glisser de la conduite du débat à la participation au débat.