Un carnet daté, des citations exactes entre guillemets, une séparation nette entre observation et interprétation. Le carnet est aussi une pièce de dossier.
En un mot. Comment noter pour retrouver, plus tard, exactement ce qui a été dit et vu.
Définition
La prise de notes journalistique distingue systématiquement le verbatim (entre guillemets, mots exacts), le résumé (indirect), l’observation (fait constaté) et l’interprétation (hypothèse du journaliste). Chaque page est datée, localisée et identifie l’interlocuteur. Les carnets constituent des pièces de dossier en cas de contentieux.
Pourquoi c’est important
La mémoire reconstruit. Trois jours après, un journaliste se rappelle le sens et non les mots, et publie une citation inexacte de bonne foi. Le carnet est la seule protection.
Méthode, étape par étape
Dater et localiser chaque page.
Identifier l’interlocuteur et sa fonction en tête d’entretien.
Guillemets pour les mots exacts, uniquement pour eux.
Marge réservée aux observations et aux idées personnelles, distinguées.
Noter les heures : début, fin, moments clés.
Relire et compléter dans l’heure qui suit.
Conserver les carnets plusieurs années.
Un cas concret
Une page type : en-tête « 14 mai, 10 h 05, mairie de Kaloum, M. D., adjoint aux finances » ; corps avec citations entre guillemets ; marge avec « regarde ses notes avant de répondre sur février » : observation, non publiable telle quelle, mais utile pour relancer.
Les erreurs à éviter
Mettre entre guillemets une reformulation.
Ne pas dater.
Mélanger observations et hypothèses.
Jeter les carnets après publication.
Les bons réflexes
Enregistrer quand c’est possible, en prévenant, et prendre des notes malgré tout.
Relire ses notes dans l’heure : c’est là qu’on complète le mieux.
Archiver carnets et enregistrements de façon organisée et sécurisée.