COMEDIA

L’administration de la preuve

Ce que l’on peut écrire dépend de ce que l’on peut prouver. Trois niveaux : établi, étayé, allégué, et trois formulations différentes.

Ouvrir cette carte dans l’explorateur interactif

En un mot. Faire correspondre ce que l’on écrit à la force de ce que l’on peut prouver.

Définition

L’administration de la preuve journalistique gradue l’affirmation selon les éléments détenus : un fait établi par document authentifié ou constat direct s’écrit à l’indicatif sans réserve ; un fait étayé par plusieurs témoignages concordants s’écrit avec attribution ; une allégation non corroborée ne se publie pas, ou uniquement comme accusation attribuée dont on précise qu’elle n’est pas établie.

Pourquoi c’est important

L’écart entre ce qui est prouvé et ce qui est écrit est ce qui expose une rédaction en diffamation, et, plus grave, ce qui trompe le lecteur sur le degré de certitude.

Comment ça marche

À chaque phrase sensible correspond une pièce dans le dossier. Une relecture juridique consiste précisément à parcourir l’article phrase par phrase en demandant : sur quoi repose celle-ci ?

Méthode, étape par étape

Un cas concret

Trois écritures pour un même soupçon : « X a détourné des fonds » (exige une décision de justice ou des preuves matérielles complètes) ; « selon trois anciens agents, X aurait bénéficié de… » (étayé, attribué) ; « X est mis en cause par un signalement, ce que nos vérifications n’ont pas permis d’établir » (allégué, avec la limite écrite).

Les erreurs à éviter

Les bons réflexes