Démontrer ce que l’on ne vous dit pas : hypothèse de départ, plan de collecte, chronologie, preuve, contradictoire, sécurisation juridique et publication.
En un mot. Creuser un sujet au-delà de ce qui est déclaré : recouper, confronter, établir ce qui n’était pas établi.
L’enquête mobilise une recherche propre et prolongée pour établir des faits qui n’étaient pas disponibles. Elle se distingue du compte rendu par la production d’information originale, et de l’investigation par le fait qu’elle ne vise pas nécessairement à révéler ce qui était délibérément caché.
C’est le travail qui justifie l’existence d’une rédaction. Il coûte du temps, donc de l’argent, et c’est le premier poste que l’on réduit : savoir le conduire efficacement est devenu une compétence de survie.
On part d’une hypothèse formulée de façon réfutable, et non d’une conviction. On établit la liste des faits qu’il faudrait établir pour la valider, puis des documents et témoins qui le permettraient. On recoupe systématiquement, on tient un journal des démarches, et l’on accepte que l’hypothèse soit démentie — ce qui est un résultat, pas un échec.
Une enquête part de l’hypothèse qu’une subvention a été détournée. Les documents montrent une gestion irrégulière mais pas de détournement. Publier l’irrégularité établie est un résultat ; publier le détournement supposé serait une faute.
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