Adoptée en 1971, elle énonce dix devoirs et cinq droits du journaliste. Elle reste le socle déontologique le plus largement repris en Europe francophone.
En un mot. Le texte de référence qui liste ce qu’un journaliste doit faire et ce qu’il a le droit d’exiger.
Définition
La Déclaration des devoirs et des droits des journalistes, adoptée à Munich en 1971 par les syndicats de journalistes de la Communauté européenne, énonce dix devoirs : respect de la vérité, défense de la liberté de l’information, rectification des informations inexactes, protection des sources, refus de la calomnie et de la diffamation, refus des pressions et des avantages, et cinq droits, dont le libre accès aux sources et la clause de conscience.
Pourquoi c’est important
Elle donne au journaliste un point d’appui opposable à sa hiérarchie et à ses sources. Sans texte de référence, chaque arbitrage déontologique redevient une négociation de rapport de force.
Comment ça marche
La charte n’a pas de valeur légale contraignante mais elle est fréquemment annexée aux conventions collectives et aux chartes de rédaction, ce qui lui donne une portée contractuelle.
Méthode, étape par étape
Respecter la vérité, quelles qu’en soient les conséquences.
Défendre la liberté de l’information et du commentaire.
Publier uniquement des informations dont l’origine est connue ; ne pas supprimer les informations essentielles ni altérer les documents.
Ne pas user de méthodes déloyales pour obtenir informations, photographies et documents.
S’obliger à respecter la vie privée des personnes.
Rectifier toute information publiée qui se révèle inexacte.
Garder le secret professionnel et ne pas divulguer la source des informations obtenues confidentiellement.
S’interdire le plagiat, la calomnie, la diffamation et les accusations sans fondement.
Ne jamais confondre le métier de journaliste avec celui de publicitaire ou de propagandiste.
Refuser toute consigne, directe ou indirecte, des annonceurs.
Un cas concret
Le devoir de « ne pas user de méthodes déloyales » n’interdit pas absolument la caméra cachée : la pratique professionnelle admet qu’elle soit employée en dernier recours, lorsque l’information est d’intérêt public majeur et qu’aucun autre moyen n’existe, et à condition de l’expliquer au public.
Les erreurs à éviter
Invoquer la charte sans l’avoir lue.
Considérer qu’un principe déontologique se négocie au cas par cas sans motivation écrite.
Confondre déontologie et loi : la première est plus exigeante.
Les bons réflexes
Annexer la charte au règlement de la rédaction.
Motiver par écrit toute dérogation exceptionnelle.
L’expliquer au public quand une méthode inhabituelle a été employée.
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