Le choix d’une image est une décision éditoriale au même titre qu’un titre. Elle est prise vite, souvent par celui qui a le moins de temps, et personne ne la relit.
En un mot. La sélection des images qui accompagnent un article, et ce qu’elle engage.
Fonction d’édition photographique : sélection, recadrage, ordonnancement et légendage des images d’un sujet, exercée selon des critères éditoriaux explicites plutôt que selon la seule force visuelle.
L’image est lue avant le texte et mémorisée plus longtemps. Elle peut contredire l’article qu’elle illustre, désigner une personne que le texte protège, ou installer une généralité que le contenu réfute. Pourtant, dans la plupart des rédactions, le texte est relu trois fois et l’image choisie une fois, dans l’urgence, par quelqu’un qui n’a pas lu le sujet en entier.
Quatre questions tiennent lieu de méthode. Que montre exactement cette image, et le texte dit-il la même chose ? Qui y est identifiable, et l’article protège-t-il quelqu’un que l’image expose ? Quand et où a-t-elle été prise — une image d’archive republiée sans mention devient une image d’actualité fausse. Et qu’installe-t-elle comme représentation : une même information illustrée par une file d’attente ou par un guichet ordinaire ne raconte pas la même chose. Le recadrage relève de la même exigence : couper est un choix éditorial, pas un ajustement de mise en page.
Le couple titre-image produit un sens que ni l’un ni l’autre ne porte séparément. Un titre prudent au-dessus d’une image accusatrice publie l’accusation sans l’écrire, et sans qu’aucune phrase ne puisse être reprochée. C’est pourquoi les deux se relisent ensemble, jamais l’un après l’autre.
Cette carte comporte 1 question de contrôle, dans la version interactive.