Le document de travail le plus puissant de l’enquête : chaque fait daté, sourcé, avec son niveau de certitude. C’est là qu’apparaissent les contradictions.
En un mot. Un tableau qui liste tous les faits dans l’ordre du temps, avec leur source.
Définition
La chronologie d’enquête consigne chaque fait établi avec sa date, sa source, son niveau de certitude et la référence de la pièce justificative. Elle sert d’outil d’analyse (les incohérences apparaissent visuellement) de base de rédaction et de dossier de sécurisation juridique.
Pourquoi c’est important
Les récits contradictoires se démasquent par les dates. Une chronologie tenue rigoureusement fait apparaître qu’un responsable ne pouvait pas ignorer un fait qu’il affirme avoir découvert plus tard.
Méthode, étape par étape
Une ligne par fait, jamais deux faits sur une ligne.
Colonnes : date, heure si connue, fait, source, pièce, niveau de certitude.
Noter aussi les faits qui affaiblissent l’hypothèse.
Relire la chronologie à chaque nouvelle pièce.
Marquer les zones vides : ce sont les questions à poser.
Conserver la chronologie et les pièces après publication.
Un cas concret
« 14 mars, le budget est inscrit à l’ordre du jour (source : convocation officielle, pièce 3, certitude élevée). 14 mars, le point n’est pas mis aux voix (source : procès-verbal, pièce 4, certitude élevée). 18 mars : courrier de relance de l’inspection (pièce 5). 2 avril, le maire déclare n’avoir “jamais été saisi” (source : enregistrement, pièce 9). » La contradiction saute aux yeux.
Les erreurs à éviter
Mélanger faits établis et suppositions dans le même tableau.
Ne pas noter la référence de la pièce.
Écarter les faits qui gênent l’hypothèse.
Ne tenir la chronologie qu’au moment d’écrire.
Les bons réflexes
Trois niveaux de certitude : établi, probable, allégué.
Numéroter les pièces et les archiver au fur et à mesure.
Utiliser la chronologie pour rédiger les questions du contradictoire.