Qui, quoi, quand, où, pourquoi, et comment. Six mots qui structurent la collecte, l’écriture et la relecture. Aucun article ne se publie s’il en manque un.
En un mot. La liste de questions à laquelle tout article doit répondre.
Définition
Héritées de la rhétorique classique et systématisées par la presse d’agence, les questions de référence (qui, quoi, quand, où, pourquoi, comment, et parfois combien) constituent la grille minimale de complétude d’une information. Elles servent successivement de guide d’enquête, de plan d’écriture et de liste de vérification.
Pourquoi c’est important
Elles protègent contre l’oubli le plus fréquent en rédaction : le journaliste, immergé dans son sujet, oublie que le lecteur ne sait rien. Elles obligent aussi à identifier ce que l’on n’a pas pu établir.
Méthode, étape par étape
Sur le terrain : poser les six questions à chaque source.
À l’écriture : placer les réponses essentielles dans les deux premiers paragraphes.
Le « pourquoi » et le « comment » nourrissent le corps de l’article.
À la relecture : vérifier qu’aucune réponse ne manque.
Signaler explicitement au lecteur ce qui reste inconnu.
Un cas concret
« Deux cent quatorze élèves (combien, qui) sont privés d’école (quoi) depuis le 3 juin (quand) à Kaloum (où), la mairie n’ayant pas voté le budget de rénovation (pourquoi) malgré trois relances de l’inspection académique (comment). » Une phrase, six réponses.
Les erreurs à éviter
Répondre à cinq questions et laisser le « pourquoi » de côté parce qu’il est difficile.
Placer le « quand » en fin d’article.
Ne pas écrire ce que l’on n’a pas pu vérifier : le lecteur croit alors que tout est établi.
Les bons réflexes
Faire de la grille une case à cocher avant envoi.
Écrire noir sur blanc : « le maire n’a pas répondu à nos questions ».
Le « comment » est souvent l’angle le plus intéressant : ne pas le sacrifier.