Ce qui fait qu’une information est une information : intérêt public, actualité, vérifiabilité, hiérarchie, angle, et les cinq questions qui structurent tout article.
En un mot. Ce qui fait qu’un texte est du journalisme et pas autre chose : une information d’intérêt public, vérifiée, attribuée, publiée au nom de quelqu’un.
Le socle du métier : la finalité — fournir aux citoyens l’information nécessaire à leur liberté et à leur autonomie —, la méthode — vérification, recoupement, attribution —, et les engagements qui en découlent : indépendance, loyauté envers le public, redevabilité.
La frontière avec la communication, la propagande et le divertissement ne tient ni au support ni au ton, mais à la méthode et à la loyauté. Qui ne sait pas nommer cette frontière la franchit sans s’en apercevoir.
Trois exigences tiennent ensemble. L’intérêt public, qui justifie la publication et parfois l’intrusion. La vérification, qui distingue le fait établi de l’allégation rapportée. L’indépendance, qui garantit que la hiérarchie des sujets n’est pas dictée par ceux dont on parle. Chacune se vérifie dans le texte lui-même : ce qui est affirmé, ce qui est attribué, ce qui est signalé comme incertain.
Un document anonyme accuse un responsable. Publier le document, c’est faire du relais. Le travail journalistique commence après : authentifier la pièce, identifier qui avait intérêt à la transmettre, recouper les faits, et solliciter la personne mise en cause.
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