Passer de « communiquer vers » à « communiquer avec ». Une échelle de participation qui va de la consultation de façade au contrôle réel, et la plupart des projets s’arrêtent au premier barreau.
En un mot. Associer réellement les personnes concernées à la conception du projet qui les concerne.
Définition
La communication participative repose sur le dialogue plutôt que sur la transmission. Elle s’évalue sur une échelle : information, consultation, association, codécision, contrôle communautaire. Chaque barreau transfère une part de décision, et seuls les derniers modifient réellement les rapports de pouvoir.
Pourquoi c’est important
Le mot « participatif » est employé pour des dispositifs qui n’en relèvent pas. Nommer précisément le barreau atteint évite de promettre une participation qui n’aura pas lieu : promesse dont le coût en confiance est élevé.
Comment ça marche
La distinction décisive est simple : la communauté peut-elle modifier le projet, ou seulement l’accepter ? Si le projet est déjà arrêté, la réunion de présentation est de l’information, pas de la participation, quel que soit le nombre de questions posées.
Méthode, étape par étape
Déterminer honnêtement quel barreau le projet peut réellement atteindre.
L’annoncer clairement : promettre une codécision impossible détruit la confiance.
Associer la communauté dès le diagnostic, pas à la validation.
Prévoir un temps et un budget réels : la participation coûte plus cher, plus longtemps.
Veiller à qui parle : les prises de parole reproduisent les hiérarchies locales.
Créer des espaces séparés pour les voix habituellement couvertes.
Restituer systématiquement ce qui a été retenu et ce qui ne l’a pas été, avec les raisons.
Transférer progressivement des responsabilités concrètes.
Un cas concret
Une consultation où l’on demande à choisir entre trois options déjà arrêtées se situe au barreau de la consultation. C’est légitime, à condition de le dire. La présenter comme une codécision produit une déception qui contamine tous les projets suivants.
Les erreurs à éviter
Annoncer une participation supérieure à celle qu’on peut tenir.
Consulter une fois le projet arrêté.
Laisser la parole se concentrer sur les notables et les hommes adultes.
Ne jamais restituer ce qui a été fait des contributions.
Les bons réflexes
Nommer le barreau réellement atteint, et s’y tenir.
Prévoir des espaces séparés pour les voix minoritaires.
Restituer toujours, y compris ce qui n’a pas été retenu, et pourquoi.
Cette carte comporte 1 question de contrôle, dans la version interactive.