L’intention et la véracité sont deux axes distincts. Une information vraie peut nuire délibérément, et une fausse peut circuler sans aucune malveillance.
En un mot. Ce qui sépare une fausse information diffusée pour nuire, une fausse information partagée de bonne foi, et une vraie information employée pour faire du mal.
La désinformation est un contenu faux diffusé avec l’intention de tromper ou de nuire. La mésinformation est un contenu faux diffusé sans cette intention, par erreur ou par confiance. La malinformation repose sur des éléments exacts, sortis de leur contexte ou révélés pour nuire. La propagande est un dispositif organisé de promotion d’une cause, qui peut mobiliser des éléments vrais comme faux.
Employer un seul mot pour tout — « fake news » ou « intox » — empêche de traiter correctement chaque cas. On ne répond pas de la même façon à un réseau organisé et à un oncle qui transmet une alerte sanitaire par affection. Confondre les deux produit deux erreurs : traiter des gens de bonne foi comme des adversaires, et sous-estimer les dispositifs qui, eux, sont intentionnels.
Deux axes indépendants suffisent : le contenu est-il faux, et l’intention est-elle de nuire ? Faux et malveillant : désinformation. Faux et sans malveillance : mésinformation, qui représente l’essentiel de ce qui circule. Vrai et malveillant : malinformation — la divulgation d’une donnée personnelle exacte, la sortie de contexte d’une déclaration authentique. Cette dernière catégorie est la plus difficile à traiter parce qu’aucune vérification ne la prend en défaut : les faits sont exacts.
La malinformation est le cas où la vérification échoue par construction. Une déclaration authentique, correctement citée, mais amputée du passage qui la précédait, résiste à tout contrôle de véracité. Ce qui la révèle n’est pas la vérification du contenu mais la recherche de l’enregistrement complet — un travail différent, plus long, et rarement entrepris.
Cette carte comporte 1 question de contrôle, dans la version interactive.