Claire Wardle et Hossein Derakhshan ont proposé de distinguer trois régimes (mésinformation, désinformation, malinformation) selon la fausseté et l’intention de nuire. Une grille aujourd’hui standard dans les formations.
En un mot. Trois façons différentes dont une information peut nuire : fausse sans le vouloir, fausse et voulue, vraie mais utilisée pour nuire.
Le cadre proposé par Claire Wardle et Hossein Derakhshan croise deux axes (la fausseté du contenu et l’intention de nuire) pour distinguer la mésinformation (fausse, diffusée sans intention de nuire), la désinformation (fausse, diffusée intentionnellement pour nuire) et la malinformation (fondée sur des éléments exacts, diffusée pour nuire, par exemple par divulgation privée ou sortie de contexte).
La réponse diffère radicalement selon le régime. La mésinformation se corrige par l’information. La désinformation exige de documenter les acteurs et les circuits. La malinformation ne pose pas un problème de véracité mais de contexte et de finalité, et la démentir n’aurait aucun sens.
Le cadre distingue en outre l’agent, le message et l’interprète, et suit trois phases : création, production et distribution. Cela permet d’enquêter sur ce qui compte souvent le plus : non pas le contenu, mais qui l’a fabriqué, qui l’a amplifié et avec quels moyens.
La publication d’une correspondance privée authentique pour nuire à quelqu’un relève de la malinformation : rien n’est faux, tout est dans l’usage. Un article de vérification qui se contenterait d’attester l’authenticité passerait à côté du sujet.
Cette carte comporte 1 question de contrôle, dans la version interactive.