Ce que la recherche a établi sur la fabrique de l’information : valeurs de l’information, filtrage rédactionnel, objectivité, routines de rédaction, confiance du public. Le socle théorique des écoles de journalisme.
En un mot. Les grandes idées que les chercheurs ont dégagées sur la façon dont l’information se fabrique, et qui expliquent pourquoi les rédactions produisent ce qu’elles produisent.
Le champ des études journalistiques analyse la production de l’information comme un processus social, organisé par des routines, des critères de sélection, des contraintes économiques et des normes professionnelles. Il s’est constitué autour de quelques travaux fondateurs : sur la sélection de l’information, le filtrage rédactionnel, l’objectivité comme rituel professionnel et la sociologie des rédactions.
Un journaliste qui ignore ces travaux croit choisir librement ses sujets. Il choisit en réalité selon des critères qu’il n’a pas formulés et qui sont documentés depuis soixante ans. Les nommer, c’est retrouver la possibilité de s’en écarter.
Trois questions structurent le champ : pourquoi tel événement devient-il une information et tel autre non ? qui décide, et selon quelles contraintes ? quel effet cela produit-il sur la connaissance publique ? Aucune n’a de réponse simple, et c’est pourquoi elles sont enseignées.
La question « pourquoi les rédactions couvrent-elles surtout les événements soudains, négatifs et proches ? » n’appelle pas une réponse morale mais une réponse documentée : ce sont les valeurs de l’information décrites dès les années 1960, et elles fonctionnent encore.