Décrire ce que l’on voit, dire ce que l’on sait, distinguer clairement ce qui est confirmé de ce qui ne l’est pas. En direct, la prudence est une compétence technique.
En un mot. Parler à l’antenne en temps réel depuis le lieu de l’événement.
Définition
Le direct impose de restituer une situation en évolution sans le filtre de l’édition. Il exige une discipline stricte : distinguer explicitement ce qui est constaté de visu, ce qui est confirmé par une source officielle et ce qui circule sans confirmation ; ne jamais spéculer sur des bilans humains ou des causes.
Pourquoi c’est important
En situation d’urgence, une information erronée diffusée en direct est reprise immédiatement et se corrige mal. Les erreurs de bilan, en particulier, causent une détresse évitable aux familles.
Méthode, étape par étape
Avant l’antenne : lister ce qui est confirmé, par qui, et à quelle heure.
Décrire ce que l’on voit, précisément et sobrement.
Attribuer chaque information à sa source, à chaque fois.
Dire explicitement ce que l’on ne sait pas.
Ne jamais avancer de bilan non confirmé officiellement.
Corriger immédiatement et explicitement toute erreur diffusée.
Résister à la demande de commentaire quand on n’a pas d’élément.
Un cas concret
« Je vois de la fumée s’élever du bâtiment nord et quatre véhicules de secours. La préfecture n’a pas communiqué de bilan à cette heure. Des riverains évoquent des blessés ; je ne suis pas en mesure de le confirmer. »
Les erreurs à éviter
Reprendre un bilan circulant sur les réseaux.
Combler le silence par de la spéculation.
Confondre ce qu’on voit et ce qu’on vous rapporte.
Interroger des témoins en état de choc à l’antenne.
Les bons réflexes
Trois catégories, toujours distinguées : je vois, on m’a confirmé, on dit.
Le silence vaut mieux que la spéculation.
Corriger à l’antenne, explicitement, dès qu’une erreur est identifiée.
Cette carte comporte 1 question de contrôle, dans la version interactive.