Ce que l’on montre engage autant que ce que l’on dit. Images de victimes, floutage, images d’archive, illustration : chaque choix visuel est un choix éditorial.
En un mot. Les règles sur ce qu’on a le droit de montrer, et comment.
Définition
L’éthique de l’image encadre l’identification des personnes, la représentation de la souffrance et de la mort, l’usage d’images d’archive ou d’illustration, le recadrage et le montage. Toute image sortie de son contexte devient une affirmation fausse, même si elle est authentique.
Pourquoi c’est important
L’image a un effet de preuve immédiat. Une image d’archive non signalée fait croire à un fait actuel ; un montage rapproche des éléments sans lien et suggère une causalité.
Méthode, étape par étape
Signaler à l’écran toute image d’archive, avec sa date.
Signaler toute image d’illustration non tournée sur les lieux.
Flouter par défaut les personnes non concernées, les mineurs et les victimes.
Ne pas diffuser d’images de corps identifiables.
Vérifier que le montage ne crée pas un lien absent dans la réalité.
Conserver les rushes originaux.
Un cas concret
Illustrer un sujet sur la fermeture d’une école avec des images d’une autre école, sans mention, est une tromperie visuelle, même si le commentaire est exact. La mention « images d’illustration » à l’écran est obligatoire.
Les erreurs à éviter
Utiliser des archives sans les dater à l’écran.
Recadrer une image pour en changer le sens.
Monter deux plans sans lien pour suggérer une relation de cause à effet.
Diffuser des visages de mineurs sans autorisation.
Les bons réflexes
Mention à l’écran pour toute archive ou illustration.
Floutage par défaut, identification par exception motivée.
Conserver les rushes : ils prouvent la fidélité du montage.