Quatre questions : que sait-elle réellement, comment le sait-elle, quel intérêt a-t-elle, a-t-elle été fiable par le passé ? Aucune source n’est fiable en soi.
En un mot. Comment savoir si l’on peut se fier à ce que quelqu’un vous dit.
Définition
L’évaluation d’une source croise son accès à l’information (position, présence, habilitation), sa compétence sur le sujet, son intérêt dans l’affaire, son historique de fiabilité et la cohérence interne de ses déclarations. Aucun de ces critères ne vaut certification : ils calibrent le degré de confiance.
Pourquoi c’est important
Les sources les plus dangereuses ne sont pas les menteurs, ce sont les sincères mal informés, et les sources bien placées qui instrumentalisent le journaliste dans un conflit interne.
Méthode, étape par étape
Que sait-elle exactement, et par quel canal ?
Était-elle présente, ou lui a-t-on rapporté ?
Que gagne-t-elle à ce que l’information sorte ? Que gagne-t-elle à ce qu’elle sorte maintenant ?
Ses informations précédentes se sont-elles vérifiées ?
Son récit est-il cohérent quand on le fait reprendre à un autre moment ?
Chercher une source indépendante de la première.
Un cas concret
Une source interne transmet un document accablant pour son propre service. Deux hypothèses : lanceur d’alerte ou règlement de comptes. Dans les deux cas le document peut être authentique (ce que l’on vérifie séparément) mais l’intérêt de la source doit être connu du journaliste, et parfois du lecteur.
Les erreurs à éviter
Considérer qu’une source haut placée est nécessairement bien informée.
Faire confiance parce que la source a déjà eu raison une fois.
Ne pas se demander pourquoi l’information arrive à ce moment précis.
Devenir dépendant d’une source unique sur un sujet.
Les bons réflexes
Toujours poser la question : « comment le savez-vous ? »
Tenir une mémoire de la fiabilité des sources récurrentes.
Diversifier ses sources sur un même sujet, y compris celles qui déplaisent.