Le genre le plus lu et le plus dangereux : il expose des personnes ordinaires, sans moyens de défense, dans le pire moment de leur vie. La retenue y est une compétence, pas une timidité.
En un mot. Couvrir les accidents, les crimes, les drames du quotidien.
Définition
Le traitement des faits divers pose des questions déontologiques aiguës : identification des personnes, protection des victimes et des mineurs, respect de la présomption d’innocence, gestion des sources policières, et proportion accordée au genre dans l’ensemble de l’offre éditoriale.
Pourquoi c’est important
Contrairement aux personnes publiques, les personnes concernées par un fait divers n’ont ni entourage, ni conseil, ni moyen de réponse. Une identification inutile marque une vie entière, d’autant que l’article reste accessible indéfiniment.
Comment ça marche
La question n’est jamais « avons-nous le droit de publier ? » mais « qu’est-ce que cette identification apporte au public, et à quel prix pour cette personne ? ». Dans l’immense majorité des cas, le fait s’expose entièrement sans nommer personne.
Méthode, étape par étape
Se demander ce que l’identification apporte réellement à l’information.
Ne pas nommer par défaut : nommer par exception motivée.
Protéger systématiquement les mineurs et les victimes.
Distinguer ce que dit la source policière et ce qui est établi.
Attribuer les informations d’origine policière : ce sont des affirmations, pas des faits.
Respecter la présomption d’innocence dans le titre comme dans le texte.
Éviter les détails de méthode dans les affaires de violence.
Interroger la proportion accordée au genre dans l’ensemble de l’édition.
Assurer le suivi judiciaire : publier l’issue.
Un cas concret
« Un homme de 34 ans a été interpellé » informe autant que la publication du nom, du quartier et de la profession : qui, combinés, identifient la personne pour tout son voisinage, y compris si elle est mise hors de cause deux mois plus tard.
Les erreurs à éviter
Publier des éléments qui, combinés, identifient une personne.
Présenter une version policière comme établie.
Détailler les méthodes employées dans une affaire de violence.
Publier l’image d’une victime ou d’un mineur.
Ne jamais publier l’issue judiciaire.
Les bons réflexes
Ne pas nommer par défaut ; nommer par exception motivée et discutée.
Attribuer toute information d’origine policière.
Vérifier que le faisceau de détails publiés n’identifie pas la personne.