Ne pas ajouter de préjudice au préjudice : consentement éclairé, respect du refus, retenue dans les images, prudence avec les mineurs et les proches endeuillés.
En un mot. Comment interroger et raconter des personnes qui ont subi un drame, sans leur nuire davantage.
Définition
Le traitement des victimes et de leurs proches suppose un consentement éclairé (la personne comprend ce qui sera publié, où et pour combien de temps), le respect absolu d’un refus, la retenue dans la diffusion d’images d’identification ou de souffrance, et une attention particulière aux mineurs et aux personnes en état de choc, dont le consentement est fragile.
Pourquoi c’est important
Une personne en état de sidération peut accepter ce qu’elle regrettera durablement. Le journalisme n’a pas à ajouter au traumatisme, et l’information ne s’en trouve presque jamais appauvrie.
Méthode, étape par étape
Se présenter clairement, sans profiter de la confusion.
Expliquer l’usage prévu : quel média, quand, sous quelle forme, durée en ligne.
Accepter le refus immédiatement, sans insister.
Proposer de relire les citations.
Éviter les images d’identification et les gros plans de souffrance.
Ne jamais annoncer un décès à un proche à la place des autorités.
Reprendre contact avant publication si le délai a été long.
Un cas concret
Une famille accepte de témoigner deux heures après un accident. La bonne pratique consiste à recueillir le témoignage, puis à rappeler la famille le lendemain pour confirmer son accord avant publication : le consentement du premier jour est rarement éclairé.
Les erreurs à éviter
Insister après un refus.
Publier le nom d’une victime avant l’information des familles.
Diffuser des images de corps ou de personnes identifiables en détresse.
Interroger un mineur sans l’accord de son représentant légal.
Les bons réflexes
Confirmer le consentement à froid, avant publication.
Flouter et anonymiser par défaut, publier l’identité par exception motivée.
Prévoir dans la rédaction un référent pour ces situations.