Trois natures d’énoncés qui n’ont pas la même valeur de preuve et ne s’écrivent pas de la même façon. Les confondre est la faute la plus répandue.
En un mot. Un fait est vérifiable. Un témoignage est ce que quelqu’un dit avoir vu. Une opinion est ce que quelqu’un pense. Les trois s’écrivent différemment.
Le fait est un énoncé vérifiable par des éléments extérieurs à celui qui l’affirme. Le témoignage est l’assertion d’une personne sur ce qu’elle a perçu : il est un fait quant à son existence, pas quant à son contenu. L’opinion est une appréciation, non vérifiable par nature. La rigueur professionnelle impose d’attribuer explicitement chacun de ces trois régimes.
Écrire « l’entreprise a pollué la rivière » quand on ne dispose que du témoignage d’un riverain expose à une action en diffamation et, surtout, trompe le lecteur sur le degré de certitude.
Le fait s’écrit sans attribution : « la rivière présente un taux de plomb de 42 µg/L (analyse du laboratoire X, 12 mai) ». Le témoignage s’attribue : « selon Mme D., riveraine, l’eau a changé de couleur en avril ». L’opinion se signale : « pour l’association Y, la responsabilité de l’usine est engagée ».
Trois phrases sur le même sujet : « L’usine pollue » (affirmation non étayée). « Trois riverains affirment avoir vu des rejets » (témoignage attribué). « Les analyses du laboratoire national relèvent un dépassement du seuil réglementaire » (fait sourcé). Seule la troisième est publiable comme constat.
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