Reposer la question. Puis la reposer. Puis dire à l’antenne ou dans l’article que la question a été posée trois fois sans réponse. L’esquive devient alors l’information.
En un mot. Que faire quand la personne répond à côté.
Définition
Face à l’évitement, la technique professionnelle consiste à reposer la question à l’identique, à opposer un document ou un fait précis, à décomposer la question en éléments factuels non esquivables, puis à porter l’absence de réponse à la connaissance du public.
Pourquoi c’est important
Une esquive répétée est en soi une information : elle révèle ce que l’interlocuteur ne veut pas dire. Encore faut-il que le public la voie, ce qui suppose de l’écrire.
Méthode, étape par étape
Reposer la question mot pour mot, calmement.
Si l’évitement persiste, opposer un élément factuel : date, document, chiffre.
Décomposer : « oui ou non, avez-vous reçu ce courrier le 14 mars ? ».
Ne pas s’énerver : l’agressivité déplace l’attention sur le journaliste.
Consigner le nombre de fois où la question a été posée.
Écrire dans l’article : « interrogé à trois reprises, X n’a pas répondu ».
Un cas concret
« Vous me parlez des contraintes budgétaires. Ma question est différente : le budget était à l’ordre du jour du 14 mars. Pourquoi n’a-t-il pas été mis aux voix ? » La reformulation avec le document est ce qui débloque.
Les erreurs à éviter
Passer à la question suivante après une non-réponse.
Hausser le ton : cela offre à l’interlocuteur un moyen de détourner le sujet.
Résumer une esquive comme si c’était une réponse.
Accepter la formule « je ne peux pas commenter » sans demander pourquoi.
Les bons réflexes
Trois relances maximum, puis on écrit l’absence de réponse.
Toujours demander : « pourquoi ne pouvez-vous pas répondre ? »