Une phrase que l’enquête va vérifier ou infirmer. Sans hypothèse, on collecte au hasard ; avec une hypothèse à laquelle on tient trop, on ne voit plus les faits contraires.
En un mot. La phrase qui dit ce que l’on soupçonne et que l’enquête devra prouver, ou abandonner.
Définition
L’hypothèse d’enquête est une proposition falsifiable qui oriente la collecte : elle indique quels documents chercher, quelles personnes interroger et quel serait le fait décisif. Elle doit être formulée par écrit et révisée à mesure que les éléments arrivent.
Pourquoi c’est important
Sans hypothèse, une enquête devient une accumulation sans direction. Avec une hypothèse traitée comme une conviction, elle devient une instruction à charge : le journaliste ne retient que ce qui confirme.
Méthode, étape par étape
Formuler l’hypothèse en une phrase affirmative et vérifiable.
Écrire ce qui, si on le trouvait, la prouverait.
Écrire ce qui, si on le trouvait, la réfuterait.
Chercher activement les deux.
Réviser l’hypothèse par écrit à chaque étape.
Accepter d’abandonner : une hypothèse réfutée est un résultat, pas un échec.
Un cas concret
Hypothèse : « le budget de rénovation n’a pas été voté parce que les fonds ont été réaffectés à un autre projet ». Preuve possible : une délibération de réaffectation. Réfutation possible : un document montrant que les fonds n’ont jamais été inscrits. Les deux se cherchent en même temps.
Les erreurs à éviter
Confondre hypothèse et conclusion.
Ne chercher que les éléments confirmant.
Refuser d’abandonner une hypothèse après des semaines de travail.
Publier une hypothèse non démontrée sous couvert de questionnement.
Les bons réflexes
Écrire l’hypothèse et la garder visible.
Lister les preuves de réfutation autant que de confirmation.
Faire challenger l’hypothèse par un collègue à mi-parcours.
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