En un mot. Ce qu’une rédaction peut et ne peut pas faire avec des images ou des voix fabriquées.
Définition
La génération d’images et de voix soulève deux questions distinctes : l’usage que la rédaction en fait elle-même, et la vérification des contenus synthétiques qui circulent. Les deux exigent des règles écrites, et la seconde ne peut pas reposer sur des outils de détection.
Pourquoi c’est important
Une photographie de presse est une preuve : elle atteste que quelque chose a eu lieu. Une image générée n’atteste de rien. Les employer côte à côte, même signalées, érode la valeur probante de la première.
Comment ça marche
La règle de partage est celle du statut probant. Illustrer un fait d’actualité par une image générée revient à fabriquer une preuve. Illustrer un concept abstrait, une projection ou une reconstitution explicitement annoncée relève d’un autre registre, celui de l’illustration, et reste discutable au cas par cas.
Méthode, étape par étape
Interdire l’image générée pour illustrer un fait, un lieu ou une personne réels.
Interdire la voix synthétique imitant une personne réelle, sans exception.
Autoriser sous mention explicite l’illustration d’un concept abstrait, après arbitrage.
Pour une reconstitution, l’annoncer dans l’image elle-même, pas seulement en légende.
Ne jamais recadrer une image générée de façon à faire disparaître sa mention.
Pour vérifier un contenu suspect : géolocalisation, datation, recherche de l’original, contact des personnes.
Ne pas s’appuyer sur un outil de détection : ils produisent des faux positifs et des faux négatifs.
En cas de doute persistant, publier le doute plutôt que le contenu.
Un cas concret
Les outils de détection de contenus synthétiques échouent dans les deux sens : ils déclarent authentiques des images fabriquées, et fabriquées des photographies réelles. Une accusation fondée sur un tel score expose la rédaction bien plus qu’elle ne la protège.
Les erreurs à éviter
Illustrer une actualité par une image générée, même signalée.
Fonder une affirmation sur le score d’un outil de détection.
Publier une voix synthétique imitant une personne, même à titre pédagogique.
Laisser une mention disparaître au recadrage lors du partage.
Les bons réflexes
Une photo de presse atteste, une image générée n’atteste de rien.
La vérification passe par la géolocalisation et la datation, pas par un score.
Publier le doute vaut mieux que publier le contenu.