Traiter le public comme un corps de citoyens plutôt que comme un ensemble de spectateurs. Un courant né du constat que la couverture politique parlait aux acteurs et non aux électeurs.
En un mot. Faire du journalisme en partant des questions que se posent les citoyens, pas de celles que se posent les responsables politiques.
Le journalisme civique (ou journalisme public) s’est formé aux États-Unis dans les années 1990, notamment autour des travaux de Jay Rosen, sur le constat que la couverture politique privilégiait la stratégie des acteurs sur les problèmes des citoyens. Il propose de partir de l’agenda des habitants, de créer des espaces de délibération et d’assumer une responsabilité envers la vie démocratique locale.
La couverture dite « de course de chevaux » (qui gagne, qui perd, quelle stratégie) est facile à produire et parfaitement inutile pour décider. Le journalisme civique propose de couvrir les enjeux plutôt que la compétition.
La méthode consiste à interroger les habitants en amont pour établir les questions qui comptent pour eux, puis à interroger les responsables sur ces questions plutôt que sur leur stratégie. Le média fournit ainsi ce que la campagne officielle ne fournit pas.
Avant une élection locale, publier les dix questions posées par les habitants, adresser les mêmes à tous les candidats, et publier les réponses côte à côte, y compris « n’a pas répondu ». C’est plus utile que dix articles sur les alliances.