Associer le public à la production : recueillir ses questions, l’interroger avant d’écrire, lui rendre compte. L’engagement se mesure à la relation, pas au nombre de commentaires.
En un mot. Faire participer les lecteurs au travail journalistique, avant et pendant, pas seulement après.
Le journalisme d’engagement organise une relation à double sens avec le public : recueil de questions en amont, appels à témoignages structurés, consultation sur les priorités éditoriales, restitution des choix effectués. Il s’est développé notamment dans les écoles américaines de journalisme, en réponse à l’érosion de la confiance et à l’éloignement des rédactions de leurs territoires.
Une rédaction qui ne consulte son public qu’après publication, à travers les commentaires, reçoit surtout des réactions. Une rédaction qui l’interroge avant obtient des sujets, des sources et des angles auxquels elle n’aurait pas pensé.
L’engagement se mesure à la profondeur de la relation, pas au volume d’interactions. Un appel à témoignages qui produit quarante récits utilisables vaut mieux que dix mille commentaires. La contrepartie est une obligation : ce qui est recueilli doit être traité et restitué.
Avant d’enquêter sur les transports scolaires, publier « racontez-nous votre trajet du matin » avec un formulaire simple. Cent réponses fournissent une cartographie qu’aucune source institutionnelle n’aurait donnée, à condition de vérifier chacune.