Les outils du récit appliqués à des faits intégralement vérifiés : scènes, personnages, tension, point de vue. Une seule règle absolue : on ne compose rien, on n’invente rien.
En un mot. Raconter une histoire vraie avec les moyens du récit, sans jamais rien inventer.
Le journalisme narratif (ou littéraire) mobilise les techniques du récit : construction en scènes, personnages incarnés, dialogue rapporté, détails sensoriels, tension dramatique, point de vue. Il s’est constitué comme genre reconnu à partir des années 1960 et fait l’objet d’un enseignement spécifique dans les grandes écoles. Sa contrainte absolue est la vérifiabilité intégrale : chaque scène a été observée ou attestée, chaque parole a été prononcée.
Certaines réalités (une trajectoire, un basculement, un système vécu de l’intérieur) ne se transmettent pas par le compte rendu. Le récit les rend intelligibles. C’est aussi le genre où la tentation de l’arrangement est la plus forte, et où elle a détruit le plus de carrières.
La règle professionnelle est stricte : pas de personnage composite, pas de scène reconstituée sans mention, pas de dialogue reconstruit de mémoire, pas de pensée prêtée à quelqu’un qui ne l’a pas exprimée. Ce qui n’a pas été observé est attribué à sa source, explicitement.
Écrire « elle se dit qu’elle n’y arrivera pas » suppose qu’elle l’ait dit. Sinon, on écrit « elle dit avoir pensé, ce matin-là, qu’elle n’y arriverait pas », c’est moins fluide et c’est exact.