Winkin, Wolton, Miège, Maigret, Jeanneret, Breton et Proulx. Les sciences de l’information et de la communication telles qu’on les enseigne dans l’espace francophone.
En un mot. Les ouvrages de référence de la recherche francophone en communication.
Définition
Les sciences de l’information et de la communication constituent une discipline universitaire propre à l’espace francophone, avec ses auteurs, ses revues et ses objets. Elle articule sociologie, sémiologie, histoire des techniques et analyse des dispositifs.
Pourquoi c’est important
Un étudiant francophone est évalué sur cette tradition, pas sur la seule littérature anglo-saxonne. Un professionnel qui travaille avec des institutions francophones y trouve un vocabulaire partagé.
Comment ça marche
Cette école se distingue par son attention aux dispositifs techniques et aux usages sociaux, là où la tradition américaine privilégie la mesure des effets. Elle prend au sérieux la question de ce que les techniques font aux pratiques.
Les repères
Yves Winkin, « La nouvelle communication » (1981) : l’anthologie qui a fait connaître l’école de Palo Alto en français.
Armand et Michèle Mattelart, « Histoire des théories de la communication » (1995) : le panorama de référence, court et dense.
Bernard Miège, « La pensée communicationnelle » (1995) : la structuration du champ et ses courants.
Éric Maigret, « Sociologie de la communication et des médias » (2003) : le manuel universitaire le plus employé.
Yves Jeanneret, « Y a-t-il vraiment des technologies de l’information ? » (2000) : une critique salutaire du vocabulaire courant.
Serge Proulx et les travaux sur les usages : comment les publics détournent les dispositifs.
Erik Neveu, « Sociologie du journalisme » : la passerelle vers l’autre univers de COMEDIA.
Les revues « Hermès », « Réseaux », « Questions de communication » et « Communication et langages ».
Un cas concret
Jeanneret montre que l’expression « technologies de l’information » suppose déjà résolu ce qu’il faudrait démontrer : que ces machines traitent de l’information. Ce type de vigilance sur les mots est la marque de cette école.
Les erreurs à éviter
Ignorer cette tradition parce qu’elle est moins traduite.
Confondre les sciences de l’information et de la communication avec le marketing.
Citer un manuel plutôt que l’auteur qu’il résume.
Négliger les revues, où paraît la recherche vivante.
Les bons réflexes
Maigret comme porte d’entrée, Mattelart pour la carte du champ.
Suivre au moins une revue du domaine.
Croiser tradition francophone et littérature anglo-saxonne.