Forces, faiblesses, opportunités, menaces. En français FFOM ou AFOM. Deux axes que tout le monde confond, et un croisement en quatre stratégies que presque personne ne fait.
En un mot. Un tableau à quatre cases : ce qui va bien, ce qui va mal, les occasions et les dangers.
Définition
La matrice SWOT croise deux axes : l’origine, interne ou externe, et le signe, favorable ou défavorable. Les forces et faiblesses sont internes et dépendent de l’organisation ; les opportunités et menaces sont externes et s’imposent à elle. En français, on la désigne par FFOM, pour forces, faiblesses, opportunités, menaces, ou par AFOM, pour atouts, faiblesses, opportunités, menaces. Les trois sigles désignent exactement la même grille.
Pourquoi c’est important
C’est la grille la plus utilisée et la plus mal utilisée du métier. Sa force tient à sa simplicité, sa faiblesse aussi : quatre cases se remplissent en dix minutes, et l’on croit avoir fait une analyse.
Comment ça marche
Le test qui distingue une case interne d’une case externe est simple : pouvez-vous le changer par décision ? Un budget insuffisant est une faiblesse, vous pouvez agir dessus. Une réglementation nouvelle est une menace, vous la subissez. Les confondre rend la matrice inutilisable.
Méthode, étape par étape
Forces : ce que l’organisation fait mieux que les autres. Interne, vérifiable.
Faiblesses : ce qui lui manque ou ce qu’elle fait moins bien. Interne, sur quoi elle peut agir.
Opportunités : les évolutions de l’environnement dont elle pourrait tirer parti. Externe.
Menaces : les évolutions qui pourraient lui nuire. Externe, subie.
Vérifier chaque élément par le test : puis-je le changer par décision ?
Hiérarchiser : retenir trois éléments par case, les plus décisifs.
Croiser forces et opportunités : quelles offensives lancer ?
Croiser forces et menaces : que protéger, et avec quoi ?
Croiser faiblesses et opportunités : que corriger pour saisir l’occasion ?
Le croisement force-opportunité est celui qui produit une stratégie. Une notoriété locale forte croisée avec l’arrivée d’un dispositif public de financement donne une action précise. Les quatre cases seules ne donnent rien.
Les erreurs à éviter
Classer en interne ce qui est externe, et l’inverse.
Ne pas dater : une opportunité de l’an dernier peut être devenue une menace.
Les bons réflexes
Le test du changement par décision tranche interne et externe.
Le croisement en quatre stratégies est le vrai travail.
Trois éléments par case, sourcés et datés.
Sources
Learned, Edmund P., Christensen, C. Roland, Andrews, Kenneth R., Guth, William D., Business Policy. Text and Cases, Homewood, Irwin, 1965.
L’attribution de l’acronyme est contestée. Il est le plus souvent rattaché aux travaux de planification menés au Stanford Research Institute dans les années 1960, autour d’Albert Humphrey, à partir d’une grille antérieure dite SOFT. Aucune publication fondatrice unique ne fait consensus.