Vérifier à plusieurs une information que personne ne peut vérifier seul. La foule accélère la recherche ; elle n’allège jamais la charge de la preuve.
En un mot. Plusieurs personnes, souvent de rédactions différentes, vérifient ensemble une même information en partageant chaque étape.
Méthode de vérification distribuée dans laquelle plusieurs contributeurs traitent en parallèle des éléments distincts d’un même dossier — géolocalisation, datation, identification de matériel, recoupement documentaire — en laissant une trace publique et réfutable de chaque établissement.
Certaines vérifications dépassent les moyens d’une rédaction : identifier le lieu exact d’une vidéo suppose de comparer un relief, un alignement de poteaux et une ombre portée à des milliers d’images de référence. Réparti entre vingt personnes compétentes, ce travail prend quelques heures. Seul, il prend des semaines ou n’aboutit pas.
Le format impose trois disciplines, et l’histoire du champ explique pourquoi. Lors d’un attentat très médiatisé en 2013, une identification collective menée en ligne a désigné publiquement un homme qui n’y était pour rien — et qui était mort depuis plusieurs semaines. Sa famille a subi le harcèlement d’une foule convaincue d’avoir enquêté. De là les trois règles : la charge de la preuve ne se dilue pas dans le nombre, un consensus n’est pas une vérification ; on ne publie jamais le nom d’une personne non encore établie comme impliquée ; chaque affirmation conserve la trace de qui l’a établie et par quel moyen, pour qu’elle puisse être réfutée individuellement.
Une vidéo circule, présentée comme tournée la veille dans une ville donnée. La vérification collaborative la découpe : l’un compare la silhouette des bâtiments à l’imagerie satellite, l’autre calcule l’heure à partir de la longueur des ombres, un troisième identifie le modèle de véhicule et sa période de circulation, un quatrième cherche la première occurrence en ligne du fichier. Chacune de ces conclusions est publiée avec sa pièce. Un lecteur peut en contester une sans devoir contester tout le reste.
Cette carte comporte 1 question de contrôle, dans la version interactive.