Ils couvrent ce que la rédaction ne peut pas atteindre, et ils engagent le journal autant qu’un salarié. C’est pourtant le maillon le moins formé de la chaîne.
En un mot. Les personnes qui couvrent une localité pour un média dont la rédaction est ailleurs.
Réseau de contributeurs territoriaux, le plus souvent rémunérés à la pièce et exerçant à temps partiel, qui assurent la couverture de zones où le média n’a pas de rédaction. Leur production engage la responsabilité du titre dans les mêmes termes que celle d’un salarié.
Dans la plupart des pays, la couverture des territoires repose sur ce réseau, et c’est lui qui reçoit le moins de formation, de relecture et de protection. Le déséquilibre est frappant : une erreur ou un conflit d’intérêts d’un correspondant engage le journal entier, pour une rémunération qui ne permet souvent pas d’exiger grand-chose.
Quatre obligations incombent à la rédaction, et aucune n’est facultative. La formation : un correspondant n’est pas toujours journaliste de formation, et personne ne lui a enseigné le recoupement, le contradictoire ou l’identification des sources. La relecture : ses textes doivent être édités comme les autres, pas publiés tels quels parce qu’ils viennent de loin. La déclaration d’intérêts : vivant dans la localité qu’il couvre, il y a des liens — familiaux, associatifs, politiques, économiques — qui doivent être connus de la rédaction, non pour l’écarter mais pour arbitrer. Et la protection : c’est lui qui subit la pression, puisqu’il reste sur place après la publication, tandis que la rédaction est à distance.
Le correspondant reste sur place après la publication. C’est la différence décisive avec un envoyé : il croisera demain au marché la personne qu’il a mise en cause, et sa famille vit là. Une rédaction qui n’a pas prévu d’appui — juridique, financier, parfois l’éloignement temporaire — lui demande un courage qu’elle ne prend pas elle-même.
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