On ne lit pas un article de recherche du début à la fin. On le lit dans un ordre précis, et la plupart des articles qu’on ouvre doivent être abandonnés au bout de trois minutes.
En un mot. Lire efficacement un article de revue scientifique, et savoir lequel mérite d’être lu en entier.
Technique de lecture sélective adaptée à la structure normalisée des articles scientifiques : résumé, introduction, état de l’art, méthode, résultats, discussion, conclusion. Elle permet de trier rapidement un grand volume de références et de n’accorder une lecture complète qu’aux textes qui le justifient.
Un étudiant qui aborde la littérature scientifique lit les articles comme des chapitres de manuel : du début à la fin, en notant tout. Il en lit donc quatre par semaine, se décourage, et conclut qu’il n’est pas fait pour la recherche. Un chercheur expérimenté en examine quarante dans le même temps et en lit trois sérieusement. La différence n’est pas la vitesse de lecture : c’est l’ordre, et le droit d’abandonner.
On lit en trois passages de profondeur croissante, et la plupart des articles s’arrêtent au premier. Premier passage, trois minutes : le titre, le résumé, puis directement la conclusion. Deux questions seulement — cet article répond-il à ma question, et son résultat m’est-il utile ? Si la réponse est non, on referme et l’on note la référence pour mémoire. Deuxième passage, un quart d’heure : l’introduction, la section méthode, et les titres de la partie résultats. C’est la méthode qui décide de la confiance à accorder — sur quel terrain, quel corpus, combien de cas, quelle technique. Un résultat spectaculaire obtenu sur douze entretiens n’a pas le même poids qu’un résultat modeste établi sur un corpus solide, et seul ce passage permet de le voir. Troisième passage seulement, la lecture intégrale, pour les quelques textes qui deviendront centraux : on lit alors la discussion avec attention, et surtout la section des limites, qui est la plus honnête de l’article et la plus utile — elle indique où le travail suivant peut s’insérer, c’est-à-dire le vôtre.
La section des limites est la plus utile de l’article pour un étudiant, et c’est celle qu’on saute. Les auteurs y écrivent eux-mêmes ce que leur travail ne permet pas d’établir et ce qu’il faudrait faire ensuite. Trois ou quatre sections de limites, sur des articles voisins, suffisent souvent à faire apparaître un sujet de mémoire.
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