Caméra cachée, identité d’emprunt, infiltration : admissibles seulement en dernier recours, pour un intérêt public majeur, et à condition de l’expliquer au public.
En un mot. Les techniques qui trompent la personne filmée ou interrogée : quand sont-elles acceptables ?
Définition
Les méthodes dites déloyales (enregistrement à l’insu, identité d’emprunt, immersion non déclarée) sont proscrites par principe. La pratique professionnelle admet une exception encadrée par un triple test : l’information est d’un intérêt public majeur, aucun autre moyen d’établir les faits n’existe, et la méthode employée est proportionnée et expliquée au public.
Pourquoi c’est important
Ces méthodes fragilisent la confiance générale envers la presse. Leur emploi sans justification transforme le journalisme en piège, et fournit aux personnes mises en cause un argument commode pour contester le fond.
Méthode, étape par étape
Établir par écrit l’intérêt public de l’information recherchée.
Démontrer que les moyens ordinaires ont été tentés et ont échoué.
Obtenir une décision explicite de la direction de la rédaction.
Limiter la méthode au strict nécessaire.
Effectuer le contradictoire malgré tout, avant publication.
Expliquer au public la méthode employée et pourquoi.
Conserver le dossier de justification.
Un cas concret
Documenter des pratiques illégales dans un établissement fermé au public peut justifier une immersion, si les demandes officielles ont été refusées et si l’enjeu est la sécurité de personnes vulnérables. La publication doit alors comporter une note expliquant la démarche.
Les erreurs à éviter
Employer la caméra cachée pour le confort de tournage.
Décider seul, sans validation hiérarchique écrite.
Ne pas expliquer la méthode au public.
Renoncer au contradictoire au motif que la méthode était secrète.
Les bons réflexes
Un dossier écrit de justification, avant l’emploi de la méthode.
Toujours expliquer au public.
Ne jamais y recourir sans décision de la direction éditoriale.