Relais communautaires, causeries, groupes de dialogue, théâtre. Les dispositifs qui font circuler un sujet à l’intérieur d’une communauté plutôt que depuis l’extérieur.
En un mot. Faire porter un sujet par des personnes de la communauté elle-même.
Définition
La mobilisation communautaire organise la diffusion et la discussion d’un sujet à l’intérieur d’une communauté, en s’appuyant sur des relais issus de celle-ci et sur des formats de rencontre existants : causeries, groupes de dialogue, théâtre-forum, réunions de quartier, radios de proximité.
Pourquoi c’est important
Un message porté par une personne connue et respectée localement franchit des barrières qu’aucune campagne extérieure ne franchit. La question centrale n’est pas le contenu du message mais la légitimité de qui le porte.
Comment ça marche
Le dispositif repose sur un principe de proximité : on adopte plus volontiers un comportement que l’on voit adopté par des personnes semblables à soi. Les relais ne sont donc pas des porte-parole professionnels, mais des membres ordinaires de la communauté, formés et soutenus dans la durée.
Méthode, étape par étape
Cartographier les espaces de parole existants : marchés, lieux de culte, groupes de femmes, radios.
Identifier les personnes écoutées, pas seulement les autorités officielles.
Former les relais sur le fond, et les outiller pour les objections.
Privilégier les formats de discussion aux formats de présentation.
Utiliser le théâtre-forum pour les sujets qui ne se discutent pas frontalement.
Soutenir les relais dans la durée : reconnaissance, appui, matériel.
Prévoir la remontée : que rapportent les relais du terrain ?
Éviter l’indemnisation qui transforme le relais en agent extérieur.
Un cas concret
Le théâtre-forum permet d’aborder un sujet que la parole directe ne permet pas : une scène montre une situation problématique, puis le public interrompt, monte sur scène et joue une autre issue. Le sujet est traité sans que personne ait à parler en son nom propre.
Les erreurs à éviter
Recruter des relais sur leur disponibilité plutôt que sur leur légitimité.
Former une fois et disparaître.
Transformer le relais en salarié : il perd sa légitimité de pair.
Ne prévoir aucun circuit de remontée depuis le terrain.
Les bons réflexes
La légitimité du porteur compte plus que la formulation du message.
S’appuyer sur les espaces de parole existants plutôt qu’en créer.
Soutenir les relais dans la durée, sinon le dispositif s’éteint.