Beaucoup partent vers la communication, et la question déontologique se pose le jour du départ, pas après. Partir n’est pas trahir ; le faire sans règles abîme ceux qui restent.
En un mot. Sortir du journalisme, changer de métier, et à quelles conditions.
Définition
Une part importante des journalistes quitte le métier, le plus souvent vers la communication, l’enseignement, l’édition ou la production. Ce passage est fréquent, légitime et régulièrement mal vécu, parce qu’il est traité comme un échec personnel plutôt que comme une transition professionnelle.
Pourquoi c’est important
Le sujet est tu, et ce silence coûte cher. Des journalistes restent des années dans une précarité qui les épuise parce que partir se dit comme un abandon, et d’autres partent brutalement sans avoir réglé les questions déontologiques que leur départ soulève.
Comment ça marche
La difficulté réelle n’est pas de partir mais de passer du côté des sources. Un ancien journaliste devenu communicant connaît les rédactions, les habitudes et parfois les dossiers en cours. Ce savoir est ce qui fait sa valeur pour son nouvel employeur, et c’est exactement ce qui pose problème.
Méthode, étape par étape
Reconnaître le moment : perte de curiosité, épuisement, précarité durable.
Distinguer le désir de partir et le rejet d’un employeur précis.
Prévenir sa rédaction avant de négocier avec un futur employeur du secteur couvert.
S’interdire un délai raisonnable avant de communiquer pour un secteur qu’on couvrait.
Ne pas emporter ce qui appartient à la rédaction : contacts confidentiels, dossiers en cours.
Dire clairement à ses anciennes sources qu’on a changé de rôle.
Ne pas se présenter comme journaliste une fois devenu communicant.
Envisager le retour : il existe, il est plus difficile dans l’autre sens.
Un cas concret
Le cas le plus délicat est celui du journaliste recruté par l’entreprise qu’il couvrait. Ce que l’employeur achète est précisément la connaissance acquise en tant que journaliste, y compris sur les enquêtes en cours. Un délai déclaré avant la prise de poste est la seule réponse qui protège tout le monde.
Les erreurs à éviter
Négocier avec un futur employeur tout en le couvrant.
Emporter des dossiers ou des contacts confidentiels.
Continuer à se présenter comme journaliste après le changement.
Traiter son départ comme un échec, et le cacher.
Les bons réflexes
Prévenir la rédaction avant de négocier.
S’imposer un délai avant de communiquer pour son ancien secteur.