Se former, obtenir sa carte, vivre de la pige, tenir dans un métier qui paie mal et use vite. Ce qu’aucun cours de technique journalistique n’enseigne.
En un mot. Tout ce qui concerne le parcours d’un journaliste, de la formation à la sortie du métier.
Définition
L’accès au journalisme combine une formation, une reconnaissance professionnelle et un statut d’emploi. Aucun diplôme n’est obligatoire pour exercer, mais l’organisation de la profession, ses écoles et ses conventions déterminent largement les trajectoires réelles.
Pourquoi c’est important
Les écoles enseignent l’angle, la vérification et l’écriture, et se taisent sur ce qui décide de la durée d’une carrière : le statut, la rémunération, la dépendance à un donneur d’ordre et l’usure.
Comment ça marche
Le cadre décrit ici est principalement français, parce que c’est le plus formalisé de l’espace francophone : une commission paritaire délivre la carte, une convention collective encadre les rémunérations, une clause légale permet de partir quand le média change de nature. Les autres pays francophones ont leurs propres dispositifs, parfois plus souples, souvent moins protecteurs. Le principe se transpose, pas le détail.
Méthode, étape par étape
Choisir une voie de formation, reconnue par la profession ou non.
Produire du journalisme réel le plus tôt possible, publié quelque part.
Comprendre le statut sous lequel on exerce avant d’accepter une mission.
Obtenir la reconnaissance professionnelle applicable dans son pays.
Diversifier ses donneurs d’ordre pour préserver son indépendance.
Se spécialiser, ou choisir consciemment de ne pas le faire.
Se rattacher à un collectif : la protection individuelle n’existe pas dans ce métier.
Reconnaître le moment où il faut bifurquer, avant que le métier ne le décide.
Un cas concret
La question qui prédit le mieux la durée d’une carrière n’est pas la qualité du travail mais la part du revenu qui dépend d’un seul commanditaire. Au-delà de la moitié, l’indépendance éditoriale devient une position théorique.
Les erreurs à éviter
Accepter une mission sans savoir sous quel statut on l’exerce.
Dépendre d’un seul média pour l’essentiel de ses revenus.
Attendre le diplôme pour publier.
Rester isolé face à un employeur ou à une pression.
Les bons réflexes
Publier tôt, ailleurs, n’importe où de sérieux.
Diversifier les commanditaires avant d’en avoir besoin.
Le collectif protège là où l’individu ne peut pas.