En un mot. Vérifier une information auprès d’au moins deux sources qui ne se connaissent pas.
Définition
Le recoupement consiste à établir un fait par au moins deux sources dont les canaux d’information sont indépendants l’un de l’autre. Deux personnes qui tiennent leur information d’un même tiers ne constituent pas un recoupement : elles constituent une seule source relayée deux fois.
Pourquoi c’est important
C’est la règle qui empêche une rumeur bien construite de devenir une information publiée. La plupart des grands ratés journalistiques sont des défauts de recoupement, non des mensonges délibérés.
Méthode, étape par étape
Établir la chaîne de transmission de chaque source : qui lui a dit ?
Vérifier que les chaînes ne convergent pas vers un même point.
Privilégier le croisement de natures différentes : témoignage et document.
Sur un fait grave, viser trois sources.
Consigner par écrit qui a confirmé quoi, et quand.
Si le recoupement échoue, ne pas publier, ou publier en indiquant la limite.
Un cas concret
Trois personnes confirment qu’un rapport accablant existe. En reconstituant la chaîne, on découvre que les trois l’ont appris du même cadre. Ce n’est pas un triple recoupement, c’est une source unique. Il faut obtenir le rapport ou une source d’un autre circuit.
Les erreurs à éviter
Compter comme deux sources deux personnes du même service.
Considérer qu’un démenti mou vaut confirmation.
Publier « selon nos informations » pour masquer l’absence de recoupement.
Se contenter d’une capture d’écran comme preuve documentaire.
Les bons réflexes
Toujours reconstituer la chaîne de transmission.
Croiser document et témoignage plutôt que deux témoignages.
Écrire dans l’article ce qui n’a pas pu être recoupé.
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