En un mot. Comment garder de bonnes relations avec ses sources sans se laisser instrumentaliser.
Définition
La relation aux sources oscille entre deux écueils : la distance excessive, qui prive d’information, et la proximité excessive, qui produit la connivence et la dépendance. Elle se gère par la transparence des règles, la diversification des interlocuteurs et le refus des contreparties.
Pourquoi c’est important
Un journaliste qui n’a qu’une source sur un secteur en devient le porte-voix. Un journaliste sans source n’a rien à publier. L’équilibre est une compétence professionnelle, pas un trait de caractère.
Méthode, étape par étape
Poser les règles dès le premier contact : ce que l’on peut promettre, ce que l’on ne peut pas.
Diversifier : au moins trois interlocuteurs indépendants par secteur suivi.
Rappeler ses sources quand on ne cherche rien : la relation ne se limite pas à la demande.
Refuser cadeaux, voyages et invitations non déclarés.
Publier ce qui dérange une source amicale : c’est ce qui fixe le cadre pour la suite.
Ne jamais promettre un traitement favorable en échange d’une information.
Un cas concret
Une source de confiance depuis dix ans est mise en cause dans un dossier. La bonne pratique est de l’informer que l’on traite le sujet, d’appliquer le contradictoire comme pour n’importe qui, et de confier éventuellement le sujet à un autre journaliste de la rédaction.
Les erreurs à éviter
Devenir le canal unique d’une source contre ses adversaires internes.
Accepter une exclusivité en échange d’un angle imposé.
Confondre relation professionnelle et amitié.
Protéger une source en renonçant à un sujet.
Les bons réflexes
Trois sources indépendantes minimum par secteur.
Tout avantage reçu est déclaré, ou refusé.
Se déporter quand la relation empêche le traitement.