Des documents sur la surveillance de masse, traités par plusieurs rédactions dans plusieurs pays, avec des protocoles de sécurité numérique devenus depuis la norme du métier.
En un mot. L’affaire qui a rendu la sécurité numérique obligatoire dans les rédactions.
Définition
En 2013, des documents relatifs aux programmes de surveillance de plusieurs agences de renseignement sont transmis à des journalistes et publiés par plusieurs titres internationaux. Le traitement a exigé des protocoles de chiffrement, de compartimentage et de manipulation hors ligne sans précédent dans une rédaction.
Pourquoi c’est important
Avant cette affaire, la sécurité numérique était une préoccupation de spécialistes. Depuis, c’est une compétence de base : un journaliste qui promet la confidentialité à une source sans savoir la tenir techniquement fait une promesse qu’il ne peut pas honorer.
Comment ça marche
Le protocole employé combinait plusieurs principes désormais standard : chiffrement de bout en bout des échanges, ordinateurs déconnectés pour la consultation des documents les plus sensibles, compartimentage strict de l’information entre les membres de l’équipe, et coordination internationale de la publication.
Méthode, étape par étape
Ne jamais promettre une confidentialité que l’on ne sait pas assurer techniquement.
Se former au chiffrement des échanges avant d’en avoir besoin.
Utiliser une machine déconnectée pour les documents les plus sensibles.
Compartimenter : chacun ne connaît que ce qui lui est nécessaire.
Prévoir la conservation sécurisée des documents et leur destruction.
Évaluer les conséquences d’une publication pour des personnes tierces nommées.
Coordonner les publications entre titres et pays.
Consulter un avocat sur le droit applicable dans chaque juridiction concernée.
Un cas concret
La règle la plus transposable : la promesse de confidentialité doit être adossée à une compétence technique. Dire à une source « personne ne saura » sans maîtriser le chiffrement des échanges est une promesse en l’air, et le risque n’est pas pour le journaliste.
Les erreurs à éviter
Promettre une protection sans en avoir les moyens techniques.
Utiliser des messageries grand public pour des échanges sensibles.
Négliger les métadonnées, souvent plus révélatrices que le contenu.
Publier des noms de tiers sans évaluer les conséquences pour eux.
Les bons réflexes
Se former avant d’en avoir besoin, jamais pendant.