Une citation traduite est une citation modifiée. Comment la traiter honnêtement, quand indiquer la traduction, et pourquoi l’interprète doit être choisi comme une source.
En un mot. Recueillir et restituer des propos dans une langue qu’on ne parle pas.
Définition
Le travail par interprète introduit un intermédiaire dans la chaîne de la citation. La restitution qui en résulte n’est plus une citation exacte mais une traduction, ce qui impose des précautions de recueil et une mention dans le texte publié.
Pourquoi c’est important
Une citation entre guillemets engage à l’exactitude des mots. Traduits, ces mots ne sont plus ceux prononcés. Le lecteur doit pouvoir le savoir, et le journaliste doit pouvoir revenir à l’original en cas de contestation.
Comment ça marche
Le choix de l’interprète est un choix de source, pas de prestataire. Un interprète lié à une institution, à un parti ou à une communauté oriente la traduction, souvent sans intention, par le choix des équivalents. Il faut le sélectionner avec la même exigence qu’une source.
Méthode, étape par étape
Choisir l’interprète pour son indépendance autant que pour sa compétence.
Vérifier qu’il n’a pas de lien avec les acteurs du sujet.
Enregistrer systématiquement l’original, pas seulement la traduction.
Demander une traduction littérale, pas une reformulation élégante.
Faire répéter quand une réponse paraît trop courte : les résumés se glissent.
Pour les passages décisifs, faire retraduire par une seconde personne.
Indiquer dans le texte que les propos ont été traduits.
Conserver l’enregistrement original aussi longtemps que la publication est contestable.
Un cas concret
Le signal d’alerte est le décalage de longueur : une réponse d’une minute traduite en une phrase de dix mots. L’interprète a résumé, souvent pour aider. C’est le moment de faire répéter, parce que ce qui a disparu est parfois l’essentiel.
Les erreurs à éviter
Choisir un interprète fourni par une partie au sujet.
N’enregistrer que la traduction.
Publier des propos traduits entre guillemets sans le signaler.
Accepter une traduction manifestement plus courte que l’original.
Les bons réflexes
L’interprète se choisit comme une source, pas comme un prestataire.
Toujours enregistrer l’original.
Le décalage de longueur est le signal d’un résumé.