La question n’est jamais « peut-on le publier ? » mais « qu’est-ce que cela apporte au public ? ». L’intérêt public justifie l’atteinte ; la curiosité ne la justifie jamais.
En un mot. Savoir quand on a le droit de parler de la vie privée de quelqu’un, et quand non.
La publication d’éléments relevant de la vie privée suppose un test de proportionnalité : l’intérêt public de l’information doit être supérieur à l’atteinte causée. L’intérêt public s’apprécie au regard de la cohérence entre la vie privée révélée et l’exercice d’une fonction publique, la protection d’autrui, ou la révélation d’une infraction.
Le public est intéressé par beaucoup de choses qui ne relèvent pas de l’intérêt public. Confondre les deux transforme le journalisme en spectacle et détruit le crédit qui permet, précisément, de publier ce qui dérange.
Trois questions successives : l’information est-elle vraie et vérifiée ? Que perd le public si elle n’est pas publiée ? L’atteinte est-elle proportionnée à ce gain ? Une réponse insatisfaisante à l’une des trois interdit la publication.
La santé d’un dirigeant relève de sa vie privée ; elle devient d’intérêt public si elle l’empêche d’exercer une fonction dont dépendent d’autres personnes, et seulement dans cette mesure. On publie l’incapacité d’exercer, pas le diagnostic.