Pourcentage sans base, moyenne sur distribution inégale, comparaison de périmètres différents, cumul présenté comme annuel. Les mêmes procédés reviennent constamment.
En un mot. Les façons courantes de faire dire à un chiffre autre chose que ce qu’il dit.
Définition
Les procédés récurrents comprennent : le pourcentage sans base de calcul, la confusion entre pourcentage et point de pourcentage, la moyenne appliquée à une distribution très inégale, la comparaison de périmètres ou de méthodes différents, le cumul pluriannuel présenté comme annuel, le choix arbitraire de la période de référence, et la corrélation présentée comme causalité.
Pourquoi c’est important
Ces procédés n’exigent aucune falsification : tous les chiffres avancés sont exacts. C’est leur mise en scène qui trompe, et c’est pourquoi ils résistent à une vérification superficielle.
Méthode, étape par étape
Pourcentage : demander systématiquement la base de calcul.
Évolution : vérifier la période de référence et pourquoi elle a été choisie.
Moyenne : demander la médiane et la dispersion.
Comparaison : vérifier que les périmètres et les méthodes sont identiques.
Montant : vérifier s’il s’agit d’un cumul ou d’un flux annuel.
Corrélation : chercher les explications alternatives.
Valeur courante ou constante : vérifier la prise en compte de l’inflation.
Recalculer soi-même à partir des données brutes quand c’est possible.
Un cas concret
« Le budget a doublé » peut signifier : en valeur courante sur dix ans, alors qu’il a diminué en valeur constante et par bénéficiaire. Les trois énoncés sont exacts ; un seul décrit la réalité vécue.
Les erreurs à éviter
Reprendre une évolution sans vérifier le point de départ choisi.
Confondre 5 % de hausse et 5 points de hausse.
Comparer deux séries produites par des méthodes différentes.
Publier une moyenne sur une distribution très inégale.
Les bons réflexes
Toujours demander la base, la période et la méthode.
Recalculer à partir des données brutes.
En cas de distribution inégale, publier la médiane.