Préparer un dirigeant, lui dire ce qu’il ne veut pas entendre, et savoir quand refuser une prise de parole. La part du métier qui ne s’écrit dans aucun plan.
En un mot. Accompagner ceux qui parlent au nom de l’organisation.
Définition
Le conseil aux dirigeants couvre la préparation des prises de parole, l’alerte sur les risques de perception, et l’arbitrage sur l’opportunité même de s’exprimer. Il repose sur une relation de confiance qui autorise le désaccord.
Pourquoi c’est important
Un directeur de la communication qui n’ose pas contredire son dirigeant ne sert à rien. Sa valeur tient précisément à sa capacité à dire ce que personne d’autre dans la salle ne dira, et à le dire avant.
Comment ça marche
La condition de ce rôle est établie très tôt, souvent lors du premier désaccord. Un conseil qui ne contredit jamais devient un service de rédaction. Un conseil qui contredit systématiquement n’est plus consulté. La justesse tient à la fréquence et au moment, pas au courage.
Méthode, étape par étape
Établir dès le début que le rôle inclut le désaccord, et le faire accepter.
Contredire en privé, jamais devant l’équipe ou le comité.
Apporter une alternative avec chaque objection : refuser sans proposer n’est pas conseiller.
Préparer les prises de parole en anticipant les questions hostiles, pas les questions attendues.
Refuser une intervention quand elle expose sans bénéfice, et l’argumenter.
Ne jamais laisser un dirigeant improviser sur un sujet sensible.
Après une intervention, faire un retour honnête, y compris quand il a bien fait.
Accepter les décisions prises contre l’avis donné, et les servir loyalement.
Un cas concret
La phrase qui installe ce rôle se dit au premier désaccord : « je vous le déconseille, voici pourquoi, et si vous décidez de le faire je le prépare du mieux possible ». Elle affirme l’avis et la loyauté d’un même mouvement.
Les erreurs à éviter
Ne jamais contredire, et devenir un service de rédaction.
Contredire en public.
Objecter sans proposer d’alternative.
Servir mal une décision prise contre son avis.
Les bons réflexes
Le désaccord se pose comme une règle du rôle, dès le début.
Une objection sans alternative n’est pas un conseil.
Servir loyalement une décision qu’on a déconseillée.