On remonte depuis le jour du scrutin, et on compte en semaines. Le piège est de tout dépenser trop tôt : l’électorat cible ne décide que dans les derniers jours.
En un mot. Le calendrier complet d’une campagne, du lancement au scrutin, et ce qu’on fait à chaque phase.
Planification à rebours d’une campagne électorale, répartissant sur les semaines qui précèdent le scrutin les phases d’installation, de construction du message, de montée en charge et de mobilisation finale, sous contrainte d’un budget et d’un calendrier légal.
Deux erreurs de calendrier perdent plus de campagnes que les erreurs de message. Dépenser tôt, parce que l’enthousiasme et les moyens sont là au départ : il ne reste rien pour les dix derniers jours, où se décide l’essentiel. Et confondre les phases : faire de la notoriété quand il faudrait convaincre, ou tenter de convaincre quand il faut seulement faire déplacer ceux qui sont déjà acquis.
Quatre phases s’enchaînent et n’appellent pas les mêmes actions. L’installation : exister, être identifié, occuper un terrain thématique — c’est le moment de la notoriété, pas de la persuasion. La construction : poser trois propositions et les tenir, ce qui suppose de refuser les sujets qu’on nous tend. La montée en charge : porter le message là où se trouve l’électorat cible, au contact. Et la mobilisation finale : les derniers jours ne servent plus à convaincre mais à faire déplacer, ce qui est un travail entièrement différent — procurations, rappels, organisation du transport, présence aux lieux de passage. Le budget se répartit en conséquence : la plus grosse part sur les deux dernières phases, jamais sur la première.
La réserve des dix derniers jours est ce que les campagnes inexpérimentées n’ont jamais. Une attaque, un fait d’actualité ou un retournement survient presque toujours dans cette fenêtre, et y répondre coûte. Une campagne qui a tout dépensé en affichage au premier mois subit ce moment sans pouvoir y répondre — et c’est celui qui compte.
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